Publiée le par Tom Sauty
« Rendre au tir à l’arc ce qu’il m’a apporté. »
De ses premiers pas au club de Tavaux à ses responsabilités au sein de la Fédération Française de Tir à l’Arc, Harmony Bouvier a construit un parcours associatif riche, guidé par l’envie de transmettre, de partager et de permettre à chacun de trouver sa place.
Du tir à l’arc comme refuge à l’engagement associatif
Harmony découvre le tir à l’arc lors d’une classe verte, avant de retrouver la discipline grâce au dispositif Passeport Vacances à Tavaux, dans le Jura. Elle prend sa première licence en 2004. À l’adolescence, dans un contexte familial difficile, le club devient bien plus qu’un lieu de pratique : un espace de rencontres, de confiance et d’épanouissement.
Une phrase de Nadia Ama, alors trésorière de son club, l’accompagne encore aujourd’hui : « Harmony rend au tir à l’arc ce que le tir à l’arc lui a apporté. » Une formule qui résume parfaitement son parcours.
Si elle participe notamment aux Championnats de France nature en 2008, Harmony comprend rapidement que la recherche de performance n'est pas son principal moteur. Ce qu'elle aime avant tout, ce sont les rencontres, l'ambiance et la vie associative.
Un engagement du club jusqu'aux instances nationales
Son engagement prend forme dès 2008, avec une formation fédérale de jeune dirigeante, puis s'accélère en 2013. Encouragée par Thierry Venant, elle rejoint les instances de la Ligue de Franche-Comté et devient arbitre nature/3D, une fonction qu'elle exerce toujours, avec l'ambition d'accéder au niveau national.
Après plusieurs responsabilités régionales, elle devient secrétaire générale du Comité Régional Bourgogne-Franche-Comté. Parallèlement, elle siège pendant dix ans à la commission électorale fédérale avant d'être élue au conseil d'administration de la FFTA.
Elle y pilote aujourd'hui le pôle jeunes, qui regroupe notamment le Conseil national des jeunes, la commission jeunes, les travaux sur les jeunes en parcours et le sport scolaire et universitaire.
Un parcours dont elle est fière, construit progressivement, sans héritage associatif particulier, en apprenant au contact des autres. La formation du Club des 300, suivie entre 2022 et 2023, marque également une étape importante dans sa prise de confiance et son accès à de nouvelles responsabilités.
Faire confiance pour susciter l'engagement
Pour Harmony, l'avenir du bénévolat repose avant tout sur la capacité des associations à accueillir, solliciter et accompagner de nouvelles personnes.
Mesurer un terrain, participer à un greffe, aider à l'organisation d'un concours : autant de tâches accessibles, à condition de prendre le temps d'expliquer et de transmettre les connaissances.
Elle défend une idée simple : ne pas attendre que les bénévoles viennent spontanément, mais aller vers eux et leur donner confiance.
Cette conviction guide également son action en faveur de la féminisation et du renouvellement des générations. Elle souhaite voir davantage de femmes et de jeunes accéder aux responsabilités, du club jusqu'aux instances régionales et nationales.
Son expérience personnelle de l'arbitrage, notamment pendant ses maternités, lui a montré combien la bienveillance et l'adaptation aux situations individuelles pouvaient favoriser un engagement durable.
Rendre au sport ce qu'il lui a donné
Aujourd'hui, Harmony conjugue ses responsabilités bénévoles avec sa vie familiale et professionnelle, puisqu'elle codirige une scierie avec son mari. Elle reconnaît les contraintes de cet investissement, mais aussi tout ce qu'il lui a apporté : confiance en soi, compétences organisationnelles et capacité à s'affirmer, y compris dans son environnement professionnel.
Son message à celles et ceux qui hésitent à s'engager : « Il faut oser essayer. » On peut apprendre, se tromper, progresser et surtout prendre du plaisir.
Du jeune membre d'un club jurassien à l'administratrice fédérale, Harmony incarne cette idée que l'engagement associatif se construit grâce aux opportunités, aux rencontres et à la confiance que l'on accorde aux autres.
Et finalement, sa plus belle manière de remercier le tir à l'arc reste peut-être de permettre à d'autres d'y trouver, à leur tour, leur place.
sportsregions
